La bienveillance invisible

Le ministre québécois Éric Caire, responsable de la transformation numérique du gouvernement, l’a même félicité sur les ondes de Radio-Canada, en insistant sur le fait qu’il lui avait offert de « parler en toute immunité », ce que dément vivement Louis. Même l’attachée de presse du ministre a contredit cette affirmation. Elle indique que Louis a commis une fraude et que son dossier est maintenant entre les mains de la Sûreté du Québec.

« Ça montre à quel point il y a un décalage entre les réflexes traditionnels, des réflexes bureaucratiques et la normativité caractéristique des technologies de l’information. C’est-à-dire une normativité qui ne fonctionne pas de la même façon. » dit le professeur Pierre Trudel.

Pour lui, en tant que spécialiste des questions de droit de l’information et de droit des technologies, cette histoire démontre les multiples problèmes qu’ont accumulés les États en matière informatique.

« Dans les vingt dernières années, les gouvernements se sont départis de leur expertise en matière technologique. Ils n’ont pas cherché à se construire une expertise propre, une expertise interne, qui aurait fonctionné selon des logiques de services publics. On a essentiellement donné ça en faveur d’une logique commerciale et je pense qu’on en paie le prix aujourd’hui, » indique le professeur Trudel.

Ce contenu a été mis à jour le 09/14/2021 à 11:12 .