Souveraineté numérique à restaurer

Lorsque les données sont sous la garde d’entreprises régies par des gouvernements fiables, il peut être raisonnable de considérer que les risques sont maîtrisés. Mais il est désormais impossible de tenir pour acquis que les entreprises américaines sont dignes de confiance. En cette ère que le professeur Jonathan Durand Folco désigne comme techno-fasciste, elles sont susceptibles d’être contraintes de donner suite à des demandes liberticides émanant de la Maison blanche. L’écrasement explicite ou tacite des dirigeants de plusieurs entreprises technologiques face aux politiques de Trump interdit de présumer qu’elles auraient à coeur de se tenir debout et de faire ce qu’il faut afin de protéger les données des Canadiens.
Dans un entretien accordé à Nicholas de Rosa de l’émission les Décrypteurs, Ethan Zuckerman, professeur à l’Université d’Amherst et engagé depuis longtemps en faveur d’un Internet libre évoquait la possibilité de voir émerger une version européenne et une version canadienne des réseaux sociaux. À l’instar d’Alain Saulnier, auteur du livre Tenir tête aux géants du Web, il observe qu’il est temps « que les Canadiens se demandent dans quelle mesure leur espace public numérique devrait être contrôlé par des entreprises américaines et chinoises qui ont déjà montré un mépris total pour les citoyens canadiens. »

Ce contenu a été mis à jour le 03/18/2025 à 8:44 AM.