Fausses nouvelles et réseaux sociaux

Résumé : la vérité journalistique découle de la validation des affirmations diffusées. Cette validation est fonction du système de croyances à partir duquel on détermine ce qui est tenu pour conforme à la vérité. Dans les sociétés démocratiques, il coexiste une pluralité de systèmes de croyances. Il y a donc plusieurs systèmes de validation. D’où une coexistence d’une pluralité de vérités journalistiques. Ces « vérités » se trouvent en concurrence pour l’attention des individus connectés. Alors que dans le modèle médiatique traditionnel, l’information est choisie et ordonnancée par un éditeur selon un processus de validation reflétant ses valeurs. Dans l’univers médiatique dominé par les réseaux sociaux, les contenus sont poussés vers les usagers principalement en fonction du calcul des prédilections des individus. La fonction éditoriale, celle qui préside à l’évaluation et aux choix des informations à être diffusés se trouve supplantée par des processus automatisés livrant les informations qui captent l’attention des usagers, sans égard à leur conformité à un système crédible de validation. Un tel modèle comporte d’importants risques pour la qualité des délibérations démocratiques. Le texte avance certaines approches pour la mise en place d’un cadre juridique conséquent avec les caractéristiques des environnements connectés fondés sur la valorisation des données massives.

 

Summary: journalistic truth stems from the validation of the broadcasted assertions. This validation is a function of the beliefs system from which one determines what is held to be the truth. In democratic societies, a plurality of belief systems coexist. There are therefore several validation systems. Hence the coexistence of a plurality of journalistic truths. These “truths” are found in competition for the attention of connected individuals. Whereas in the traditional media model, information is chosen and ordered by a publisher according to a validation process reflecting its values. In the media universe dominated by social networks, content is pushed towards users mainly based on the calculation of the predilections of individuals. The editorial function, that which presides over the evaluation and choice of information to be disseminated, is supplanted by automated processes delivering information that captures the attention of users, regardless of their compliance with a credible validation system. Such a model poses significant risks to the quality of democratic deliberations. This text puts forward certain approaches for the establishment of a consequent legal framework with the characteristics of connected environments based on the valuation of big data.

Ce contenu a été mis à jour le 11/03/2021 à 11:18 .